le bruit de la rue
versus
le bruit des champs
elle aime bien écrire versus
sur le chat
traiter un garçon de banane plantain
appel à une amie
de 84 ans
elle dit
“elle est moins souriante que toi”
je te préfère quoi
du coup
elle est contente
elle a gagné une bataille
de dents
la dame est en forme
elle parle d’une rivale
la rivale
“je vais pas me battre”
j’aimerais un boring august
faire l’amour
ou le lire
tourner les pages
m’endormir sur la tranche
scrabble
tuer en deux mots
“cherchez pas”
faire bouger des onglets
créer des listes cachées
à une entrée
fragmenter sa vie
en captures d’écran
laisser le coeur à la porte
ou pas
l’anglaise rousse dit
“i’m desperate to create”
she needs that
se sentir surfemme
au sens du surhomme
hashtag derubermensch
et puis plus rien
en dessous de tout
comme celle qui porte la marée
à bouts de bras
et puis
ça recommence
elle dit
“just when I think something’s ending
the beginning comes back”
on pense pareil
sujet britannique
écouter de la musique
randomly
avec un compagnon au bout du fil
dès que ça chante en asiatique
va savoir quel versant
elle est contente
ça la met en joie
elle s’imagine bien ceinturée
avec des marques
de claques sur les fesses
qu’elle se donne
comme on fouette un cheval
désarçonnée
elle écrit comme elle fume
clop sur clop
elle veut arrêter autant que recommencer
elle attend tout
pense l’inverse
testant sa faculté de renoncement
elle bloque tout
sauf l’excès
anti virgule
anti point

06 Août

en mode palmarès,
j’ai distribué des feuilles d’or tout le week end,
aux sirènes de mariage,
aux quarante ans d’eric,
à la terre fraîchement battue et à l’athletico
j’étais pour le club de pauvres,
pour les tirs au but à la godard
quand j’ai vu ronaldo marquer le penalty et enlever son maillot,
je me suis dit,
c’est dans son contrat,
il touche 300 000 pour ça
une mélancolie infinie est tombée dans ma vodka,
j’ai tourné les talons façon fille des rues désabusée
en lune décroissante,
tout tournait autour du gris et de ses nuances
les plaquettes de chocolat,
les victoires,
les défaites,
les roulages de pelles,
les élections à un seul tour,
les tweets pas drôles,
les cartes de france,
je prends tout en sens inverse,
ambiance fin de siècle,
perte, déclin, repli
c’est l’histoire d’une fille qui aime un garçon à qui elle dit quitte moi
tous les jours que dieu fait,
jamais avec les mêmes mots,
elle a toujours un argument qui met le grand ver dans le fruit
c’est un homme du vingt-et-unième siècle avec une immense douceur à l’intérieur de lui
et des murs de vinyles dans sa chambre à coucher
qui s’en est pris plein la gueule,
avec une zoulette hybride,
capable du pire comme du meilleur,
une racaille, une crise turque à elle toute seule
comme tout le monde,
j’ai les défauts de mes qualités,
je voulais mettre de la poésie partout,
créer des événements,
jouer les situationnistes,
j’ai tout pris à contre pied,
comme un concert raté,
un morceau mal terminé jeté dans la fosse aux charts
je me rêvais aventurière,
je suis restée pétrifiée au pied d’un vertige
ça a duré six mois,
ça aurait du durer dix ans,
je l’appelais mon cdi,
je le voulais en patron,
en darron,
en cochon permanent
je ne pourrais jamais dire :
je ne savais pas ce qui allait arriver
détruire ce qu’on a de plus précieux,
ça c’est le fail total
comme un groupe qui se sépare en pleine gloire,
un immense désenchantement s’est abattu sur ce samedi de pré catastrophe nationale
entre l’espoir et le renoncement,
je cherche la définition de la tristesse
ça ne changera rien à cette histoire qui se termine
“nul ne devrait voir la vie de l’extérieur”
c’est Grondhal, le danois, qui écrit ça dans Les Complémentaires
moi là après des jours d’alternance de nuages sans éclaircie,
j’ai encore envie de virer le scénariste du film de ma vie
en mode passion triste
j’ai relu ses textos pour les prendre en photo,
ça disait :
“avant que ma batterie s’éteigne, j’ai envie de danser avec toi
/ je pense à tes fesses /
/ iii /
/ bon c’est mort pour bip cet été mais bip doit me dire des choses tu m’aimes toujours ? /
bonjour on est à 50km de paris, j’ai un peu mal aux yeux /
/ je vais prendre le taxi pour passer te prendre et filer à l’aéroport /
/ wake up my love i m on my way /
/ tu dormiras sur moi dans l’avion /
/ c’est plein pour l’instant /
y font pas à emporter”
ce fut le dernier sms
j’avais la poitrine coupée en deux
j’ai pris un quart de lexo
voilà c’est fini
on s’est quitté sur le canal,
entre deux pots d’échappement
j’avais acheté une salade de quinoa japonais
je la terminerai jamais
il faisait beau,
il avait les cheveux trop longs,
de petits yeux,
il a dit oui à tout,
oui on devrait arrêter,
oui je suis pas prêt,
oui t’es trop dure,
c’était peut-être pas une bonne idée tout ça,
il a dit j’ai changé et pas toi,
tu m’écrases,
on s’aide pas
le petit sucre à l’intérieur de moi s’est désintégré gentiment
le fantôme a mangé tout l’espace
autour de nous il n’y avait que des moches, au secours
il a voulu me prendre dans ses bras,
j’ai dit non là je peux pas,
il est parti à droite
j’ai tourné à gauche,
j’ai checké 500 fois mes likes,
mis à jour,
redémarrer,
annulé des rendez-vous,
appuyé sur play,
fermer des onglets,
reçu un mail hadopi,
chercher des connexions,
rafraîchit ma boîte
et fumer 1500 clops grecques en un samedi.
et puis il a plu sur mon bureau
dès que la tristesse revenait,
je faisais la revue des forces en présence
il en manquera toujours un
cuite 1 stakling intense
cuite 2 blocage de compte
en mode robot,
branchée sur netflix,
j’ai laissé passer des nuits sans sommeil,
j’ai tout vu,
d’elia kazan à eddy murphy,
de bruno dumont à napoléon dynamite
sa voix est passée à la radio
j’ai repensé à nos baisers cachés,
aux hashtags,
à drunk in love,
à lagos,
à kamilari
j’ai réussi mon coup,
gagné l’inverse du soulagement,
ambiance bien nulle part,
ni avec toi,
ni sans toi
je me voyais chanteuse de stade,
rodée au live,
j’ai viré vieille rombière de cabaret,
en mode milf 2014
après ça, j’ai tout entendu :
c’est peut être pas fini,
évite facebook,
sors,
vois des gens,
pense à toi,
mange bien,
tape toi un autre mec direct,
fais du sport,
vous vous êtes séparés au meilleur moment,
c’est l’été,
tu as besoin d’un break,
branche toi sur tinder
on a parlé post colonialisme,
kim kardashian,
xavier dolan,
YG,
immobilier dans le perche,
sm yogi,
euro dance music,
réseau social version front national
c’était pas joli joli tout ça
en mode abstentionniste
je ne suis pas allée voter (désolée)
parce que non cette fois ils ne m’auront pas
j’ai lu que j’étais responsable de tout,
du premier parti de france,
de la xénophobie ambiante,
de la haine de l’autre qui s’insinue partout
vouloir tout faire exploser
j’aimerais dire adieu au langage,
ne pas infliger de douleur
je me suis transformée en mutante sentimentale
l’amour c’est stimuler et apaiser
mais c’est quoi la tristesse contemporaine ?
ça n’existe pas la tristesse contemporaine
comme l’a dit king dans un mail
tout ça c’est un truc inventé par des cyniques
il n’y a pas de tristesse contemporaine
il y a une tristesse infinie qui n’en finit pas de se raviver
ma pote mystique m’a écrit :
“il n’y a que la tristesse depuis la nuit des temps
tu es triste donc t’es la plus forte en fait
parce que tu contactes l’humanité”
Alain Guiraudie lui il dit ne laissons pas le sexe au porno
alors ne laissons pas la tristesse aux larmes
poursuivons le chemin
même à découvert
il faut tout donner
se livrer,
se déshabiller

29 Mai

couverture panthère
ça existe encore
tellement lui
complètement poivre et sel
son pêché mignon
c’est whisky-amandes-main-sur-la-cuisse
miroir teinté
envie de partir sur la côte
de l’autre côté
parler anglais
mettre les pieds sur le tableau de bord
la fenêtre toujours ouverte
oublier les best of 2011
les forfaits illimités
les je t’aime
j’te quitte
normandie
picardie
johnny cash
loin de chez moi
près de chez lui
laissez-faire
il lit des magazines de voiture
avec des filles presque toutes nues
2000 miles plus tard
à 7 000 pieds
je me réveille
truth or consequences
nouveau mexique
la vérité
je la connais
elle ne me fait pas peur
je t’aimais
je t’aimais mal
j’ai perdu
tout est oublié
je ne t’aime plus
blablabla
le soleil ne se couche jamais
jeu en réseau
lecture interactive
sa à la main
la france loin de moi
je vois sedona
le grand canyon
chama
zion
des oak creek
des arrow street
des silver saddle
la vie qui s’invente
chaque jour le dernier
qui offre une nouvelle idée
la force et ses faiblesses
marcher et ne croiser personne

28 Mar

je m’en fous
verbe transitif
c’est bizarre
l’instinct
.
l’illusion
détester ce que l’on aime
et inversement
s’en vouloir
pleurer
mais pas longtemps
l’altitude
ça doit faire beaucoup
j’habite à 7000 pieds
à santa fe
avec un flic
qui a tué un homme en mai dernier
j’y pense tout le temps
ses rondes
ses nuits
je m’ennuie
on fait de la gym
il me dit
tu progresses
je repense à ma vie d’avant
quand je ne me levais jamais
je ronflais
je reniflais
jamais contente
trop d’un coup
toujours un truc à redire
avant
quand je parlais français
le bled
avant
quand j’y croyais encore
je rêvais
tu soufflais dessus
partir au quart de tour
tomber
tomber vraiment
mener la danse
perdre le fil
rester assisse
faire tapisserie
dire non non merci

22 Mar

la réponse de l’autre
ce qu’on attend
tout ce qu’on espère
je la cherche
à 8000 kilomètres d’ici
le tien
pas le mien
sans espoir
où es-tu ?
au musée
à la fondation
à marfa
sur twitter
dans le jardin
argh
ravi shankar aide moi
pendant ce temps
il ne répond plus
au milieu du désert
face à face avec un grand cheval brun
je repense à l’époque où je croyais aux hommes poissons
aux licornes
aux sirènes
le dernier qui parle a raison
alors il part
les vieux démons
il part mais pas pour rien
ça me revient en pleine figure
on se croise par hasard
je bois
je bois
je bois
ses larmes aux yeux
ça ne me fait presque rien
ma poitrine est coupée en deux
trop d’amour tue l’amour
j’étouffe
où es-tu lacan ?
les répétitions
le grand égoïsme
il se tient dans ses propres bras
rien à faire
ventilateur
chaleur
orage
tempête
je partirai demain
demain dès l’aube
le far west s’offre à moi
je n’en veux pas
après la fiction
la réalisation
oublier la vie
la retrouver
mais pas au même endroit
western
highway
pas de cowboy
je ne regarde pas dans le rétro
trop mal
too bad
difficile à croire
mes rêves sont des cauchemars
très lents
qui se cachent derrière un bon début
mauvais feuilleton
dallas version plus au sud
les poches vides
le coeur brisé
sans plan
sans futur
sans réponse

20 Mar

trop cheesy
rien ne peut m’arreter
do you like ?
no
toujours repondre non
le jeu de teenager
jusqu’ou tu arrives avec des non
new york baby
disco
house
I need to dance
barre au sol
body black swan
miroir
je fais super attention
a tout
a rien
ambiance under control
je suis pomme
banane
citron
je suis fruit
lait de riz
comme un ennui
un rituel
loin des yeux
loin du coeur du probleme
les jours ne font pas que passer
bientot en page 6
sure de mon coup
les mecs
un peu pede
mais pas vraiment
il y a de quoi faire
powerful
tour de taille
first slap
he told me AGAIN
ok
let’s play
aller
retour
round trip
ca me fait tellement plaisir de faire plaisir
je te touche
tu me touches
il me dit que je suis funny
et ca me rend triste

24 Jan

courir 20 minutes
les pieds dans la terre
croire reconnaitre un ami du lycee
faire demi tour
s’arreter guetter
s’apercevoir qu’on s’est trompee
partir
30 minutes de scooter
les doigts qui gelent
un presque accident
manger des cannellonis au bruscio
avec ses parents
moui
nan
hein hein
la poste
l’enveloppe
le grand depart qui approche
taper
taper
des sms
des repondeurs
des mails
des messages
des chats
du skype
avec sa mere
a l’etage d’en dessous
chambre d’enfant
boire un cafe dans un cafe
retour en banlieue
eviter les bouchons
sagesse
lire la definition de « coeur d’artichaut » sur wikipedia
decouvrir le maitre ignorant
lire david foster wallace
appeler
pas de reponse
rappeler
trop tard
partir
preparer ses affaires pour le lendemain
chantonner
lire les paroles
les photos d’alex mclean
revasser
ecouter son pere ronfler
ronfler soi-meme
penser a keith richards
les vieux conseils
et les vagues de narelle autio

04 Jan

survoler mexico
la ville sous les pieds
le feu dans la nuque
sans soleil
les mots disparaissent
memoire defaillante
il est la avec moi
lui qui sait tout faire
je lui donne l’energie
et il fait
nul besoin de demander
cela va sans dire
les idees jouent entre elles
il a presque tous les talents
talk without words
les muscles forts
la peau douce
sur une musique sans fin
un refrain qui s’invente avec nous
5 minutes avant
5 minutes plus tard
je ne sais faire que ca
envoyer des messages
que pour attendre une reponse
jaune et noir
comme les yeux
soleil en avant
la poitrine qui fait mal
qui bat
qui bat
je me revois a marseille
sur la corniche
aux catalans
je revois les garcons sauter
juste plonger dans la mer
cachee des rayons
ce chapeau qui montre tout
en ecoutant giant
le muscle saillant sous ma nuque
l’oeil sur chaque reflet
un peu sure d’elle
un peu
il me fredonne l’appuntamento
et je le laisse faire
les distractions sont rares
django django
bientot loin
toujours la
je touche mon billet du doigt
et je mens a chacun

02 Août

envie
j’ai envie
j’ai envie
je veux tout
tout
tout
le temps d’y penser
j’ai deja oublie
argh
a chaque fois c’est pareil
je veux
j’exige
lui
lui
elle
et lui
viens ici
je te veux
pfff
allez hop
disparition
tu me vois
tu me vois plus
tu me vois
tu me vois plus
hop
j’ai disparu
j’aimerais
pouvoir
mais
non
je ne peux pas
dans la cage d’ascenseur
coincee
bloquee
je veux des colonnes de texte
un peignoir en cachemire
des editions originales
un voyage
un claquement de doigts
je veux la tete penchee sur une epaule
je veux des rangees de fauteuils air france
je veux
le regarder travailler
boire des cafes en terrasse
me promener sous un parapluie tf1
je veux ne parler a personne
de personne
je veux toi
je veux vous
envieuse

04 Nov

elle a le rose aux joues
quatre timbres
le portable au fond du sac
dos au film
elle est + 3 semaines
déjà loin
la peau brulee par la barbe
j’ouvre la porte cochère
encore sur hier
direction quelle direction
la ville est la
dans le poste de radio
le taxi qui sent la pomme
tes yeux ouverts
toujours vers hier
ce baiser silicone
la loi du marche
plaquée contre un rideau
minuit passe
clavier verrouille
je me fais marcher sur les pieds
il me porte sur son dos
metronomy
tout est mirage
j’essaye de ne pas le trahir
c’est plus fort que moi
faire comme si je ne comprenais pas
o cœur emporte
rends moi les couleur de l’ete
celles que personne ne pourra nous enlever
elle elle n’a peur de rien
l’œil de la camera
comme si elle avait toujours ete la
pauvre de moi
ici la bas
sa salive dans un flacon
avec ebony bones
je fais sans rapport
telle qu’en elle meme
elle se glisse dans la salle de bains
regarde la bourse chuter
les billets monter
tu as plus de dix-huit ans ?
viens
where are you based ?
tu t’ennuies
?
devant le letterman show
elle baille
les ongles black sequins
les yeux bleus
elle communie
enfin
tout est mirage
il vend la meche
par sms
sans avoir l’air d’y toucher
il dit une fois n’est pas coutume
pour tout lui raconter
dans ce fumoir devaste
elle regrette de regretter
mais elle n’y peut rien
elle n’a pas peur de demain

06 Oct

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